đ La sagesse de la contemplation đ
Et si tu prenais le temps de ne rien faire ?
« De tous les animaux, seul le chat atteint une vie contemplative. » â AndrĂ© Lang
Il suffit parfois dâobserver un chat pour comprendre que nous avons beaucoup Ă apprendre de lui.Â
InstallĂ© sur un rebord de fenĂȘtre, les yeux mi-clos, il semble ne rien faire.
Et pourtant⊠il observe, il Ă©coute, il ressent, il laisse passer le temps. Bref, il accueille ce qui se prĂ©sente sans chercher immĂ©diatement Ă intervenir (sauf si un papillon vient le narguer). Alors que nous, humains modernes de compagnie, avons souvent appris lâinverse.
Faire. Produire. RĂ©pondre. Anticiper. DĂ©cider. Optimiser. Etc . MĂȘme nos moments de pause doivent ĂȘtre « utiles » : lire, Ă©couter un podcast, faire du sport, mĂ©diter avec une applicationâŠ
Et si, Ă lâimage du chat, nous expĂ©rimentions simplement la contemplation ? En mode, je bulle, tu bulles, nous bullons ?
đż Contempler, ce n’est pas ne rien faire ! Ce nâest pas ĂȘtre passif ! Câest une prĂ©sence attentive au monde et Ă soi-mĂȘme. ( si, si ! )
C’est regarder sans chercher immĂ©diatement Ă expliquer. C’est Ă©couter sans prĂ©parer sa rĂ©ponse. C’est laisser venir une idĂ©e sans vouloir aussitĂŽt la transformer en dĂ©cision.
C’est accepter, pendant quelques instants, de ne pas avoir de solution.
Observez le chat ; Il ne semble pas se demander, en se frottant les vibrisses, « tiens, tiens, suis-je suffisamment productif aujourd’hui ? »
Non. Il est lĂ , tout simplement. Et câest exactement cette capacitĂ© Ă ĂȘtre pleinement prĂ©sent Ă ce qui se passe qui pourrait bien ĂȘtre une vĂ©ritable ressource pour nous.
đŸÂ Contempler pour sortir du pilote automatiqueđŸ
Lorsque nous sommes constamment dans l’action, notre attention se rĂ©trĂ©cit. Un peu comme notre champ de vision quand on roule vite. Nous passons d’une tĂąche Ă l’autre, d’une notification Ă l’autre, d’une prĂ©occupation Ă l’autre, sans lever la tĂȘte, ou si peu.
La contemplation crĂ©e un espace dans lequel nous pouvons voir autrement (le kif du poĂšte au passage). Câest ainsi quâune situation qui semblait bloquĂ©e peut soudain apparaĂźtre diffĂ©remment.
Une Ă©motion que nous cherchions Ă repousser, ou Ă enfouir au fond du sac, dans ses poches, peut devenir audible (hĂ©, hĂ©, tu mâentends ?). Et encore mieux, une idĂ©e nouvelle peut Ă©merger. Parfois, une envie peut refaire surface.
C’est aussi l’un des intĂ©rĂȘts de la posture de coaching : parfois, nous n’avons pas besoin que quelqu’un nous donne une rĂ©ponse. Nous avons juste besoin d’un espace suffisamment calme pour entendre notre propre rĂ©ponse. Je le dis souvent, la ressource est en nous.
Le chat ne cherche pas forcĂ©ment⊠il remarque đ !Â
As-tu dĂ©jĂ observĂ© un chat lorsqu’il dĂ©couvre un nouvel environnement ?
Il observe, il Ă©coute, renifle, avance doucement, s’arrĂȘte, observe encore, repart, va se trouver une cachette. Il ne cherche pas nĂ©cessairement Ă tout comprendre immĂ©diatement. Il explore avec ses sens.
Cette attitude peut nous inspirer une autre maniĂšre d’aborder nos vies : remarquer avant d’interprĂ©ter.
Que se passe-t-il rĂ©ellement ? Qu’est-ce que je ressens ? Qu’est-ce qui attire mon attention ?
Qu’est-ce que je n’avais pas vu ? Qu’est-ce qui change lorsque je cesse de vouloir contrĂŽler ?
La contemplation nous invite ainsi Ă passer du : « Qu’est-ce que je dois faire ? » au « Qu’est-ce que j’observe ? »
Et parfois, cette simple question change beaucoup de choses.
đ Contempler, c’est aussi accepter de ralentir.
Â
Dans notre culture de l’urgence, ralentir peut presque sembler suspect. Pourtant, ralentir ne signifie pas renoncer Ă avancer. Ăa veut dire avance diffĂ©remment, Ă ton rythme. Cela signifie prendre suffisamment de recul pour choisir sa direction.
Le chat nous rappelle quelque chose d’essentiel : On peut ĂȘtre immobile sans ĂȘtre inactif.
Dans cette immobilitĂ© apparente, quelque chose se passe. Le corps se dĂ©tend, l’attention s’ouvre, les informations sont recueillies, le cerveau peut faire des liens (super pour la crĂ©ativitĂ© au passage !).
Et enfin, nous pouvons entendre cette petite voix intĂ©rieure que le bruit de l’action permanente recouvre parfois. Un peu comme le hamster dans sa roue qui sature notre pensĂ©e (Le hamster, idĂ©al pour le chat đ au passage).
đâ⏠Le DĂ©fi « Chatoyant » de la semaineđââŹ
« 10 minutes pour ne rien faire⊠et tout observer »
Cette semaine, choisis un endroit calme : un banc, ton balcon, un jardin, une fenĂȘtre, un café⊠ou simplement un fauteuil chez toi.
Pendant 10 minutes, pose ton téléphone.
Pas de musique. Pas de podcast. Pas de livre. Pas de liste de choses Ă faire (oui, je sais, c’est dur)
Tu ne fais rien. Juste, Tu observes, comme un chat.
đ Ce que tu vois.
đ Ce que tu entends.
đż Ce que tu ressens dans ton corps.
đ Les pensĂ©es qui apparaissent.
â€ïž Les Ă©motions prĂ©sentes.
Et surtout : ne cherche pas Ă analyser. Observe simplement.Â
Ă la fin des 10 minutes, pose toi ces trois questions :
- Qu’est-ce que j’ai remarquĂ© que je n’avais pas remarquĂ© avant ?
- Qu’est-ce que ce moment de pause a fait Ă©merger en moi ?
- Si je m’autorisais Ă ralentir davantage, qu’est-ce que cela pourrait changer ?
Et pourquoi ne pas noter une seule phrase dans ton carnet ? (rassure moi, tu en as un !?)
« Aujourd’hui, en prenant le temps de contempler, j’ai dĂ©couvert que⊠»
Peut-ĂȘtre dĂ©couvriras-tu que le silence n’est pas vide ?  Peut-ĂȘtre dĂ©couvriras-tu que tu avais juste besoin de ralentir ? Ou peut-ĂȘtre⊠ne dĂ©couvriras-tu rien du tout, et câest trĂšs bien aussi.
Car le vĂ©ritable dĂ©fi du Chatoyant n’est pas de rĂ©ussir Ă contempler. C’est d’apprendre, parfois, Ă ne rien avoir Ă rĂ©ussir.
Alors cette semaine je te propose de prendre le temps de t’asseoir, de regarder le monde⊠et laisse le chat qui est en toi contempler.
đ Miaou bientĂŽt !
Question bonus du chatoyant
Que se passerait-il si tu faisais confiance Ă ton instinct avant de demander conseil Ă ton mental ?
Â